L’été 2026 restera gravé dans les esprits des Suisses comme une période sans précédent. L’été 2026 a été le plus chaud depuis le début des mesures, avec une température moyenne pour la période de juin à août s’élevant à 17,2 °C, dépassant de 0,4 degré celle de l’été 2003. La température moyenne nationale a également dépassé de 3,4 °C celle de la période de référence 1991-2020.

Ce n’est pas tant les pics de chaleur extrêmes qui marquent cet été, mais leur persistance exceptionnelle. A Bâle-Binningen, 58 jours avec des températures de 30 degrés ou plus ont été mesurés, soit 17 jours ou 42% de plus qu’en 2003. A Aarau, on en a dénombré 57, à Lucerne 48. Bien que les températures n’aient pas atteint les mêmes records qu’en 2003, la canicule a été beaucoup plus longue. La première vague de chaleur s’est abattue sur la Suisse avant le début de l’été.

Records locaux et ampleur géographique

Le 30 juillet, la station de Bâle/Binningen a atteint 39,7 °C, égalant ainsi le record de température maximale enregistré au Nord des Alpes à Genève/Cointrin le 7 juillet 2015. D’autres températures maximales remarquables ont été enregistrées notamment à Buchs/Aarau (38,6 °C), Zurich/Kloten (38,3 °C), Delémont (38,2 °C), Neuchâtel (38,1 °C).

Au total, 30 stations de mesure de MétéoSuisse ont enregistré un nouveau record de chaleur sur les températures maximales durant l’été 2026. La chaleur a particulièrement frappé le nord-ouest du pays, avec un écart de 4,0 degrés par rapport à la période de référence.

Des impacts dévastateurs sur l’agriculture et l’environnement

Au-delà des chiffres, cet été exceptionnel a laissé des traces profondes. L’été 2026 a apporté jusqu’à 58 jours de canicule, une sécheresse historique et la mort de millions de poissons. L’agriculture a souffert et les véritables dégâts causés aux forêts ne sont pas encore visibles. Les éleveurs ont dû adapter leurs pratiques en urgence, descendant les troupeaux des alpages plus tôt que prévu.

Sur le plan sanitaire, les chiffres sont alarmants. Plusieurs centaines de personnes supplémentaires sont mortes cet été en Suisse, pour la plupart à cause de la chaleur.

Un avant-goût d’une nouvelle normalité climatique

Le phénomène le plus préoccupant reste peut-être la tendance long terme. En raison du réchauffement climatique, un été comme celui de cette année est aujourd’hui plus probable qu’il y a 23 ans. Neuf des 10 étés les plus chauds jamais mesurés remontent à moins de 12 ans.

Les experts tirent la sonnette d’alarme. Il ne faut pas construire aujourd’hui en se basant sur l’expérience des 50 dernières années, mais sur les scénarios à l’horizon 2100. Après un été 2026 caniculaire, le climatologue Reto Knutti prévient que ces chaleurs pourraient devenir banales et appelle la Suisse à s’adapter rapidement.

L’été 2026 n’est donc pas qu’un record météorologique. C’est un signal d’alerte qui force la Suisse, romande comme alémanique, à repenser son rapport à l’eau, à l’énergie et à l’aménagement du territoire. Les décisions prises aujourd’hui détermineront la capacité du pays à faire face aux défis climatiques des prochaines décennies.

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