Les Suisses devaient se méfier. Après un été dévastateur et une sécheresse prolongée qui a ravagé l’agriculture, voilà que septembre ferme cette année cauchemardesque sur un nouveau record: une vague de chaleur tardive qui, à la fin du mois, a établi des températures sans précédent au nord des Alpes.
Ce phénomène ne doit rien au hasard. L’année 2026 accumule les mauvaises surprises climatiques. La Suisse connaît actuellement un déficit de précipitations massif, avec à peine 29,31 millimètres de pluie tombés en septembre contre 135,75 millimètres l’année précédente, soit une baisse de 78,4%. Les stations météorologiques sont unanimes: les 141 postes d’observation du territoire affichent tous une réduction des pluies, certains enregistrant des cumuls extrêmement faibles, notamment en Valais où Brigue n’a reçu que 6,9 millimètres.
La combinaison sécheresse-canicule tarde crée une situation précaire pour les ressources en eau souterraines. Sur 78 stations de surveillance, plus de la moitié affichent désormais un niveau jugé bas. Ces eaux souterraines sont indispensables non seulement pour l’approvisionnement en eau potable, mais aussi pour soutenir les activités agricoles déjà fragilisées.
Et cela s’ajoute aux dégâts déjà considérables de 2026. La production de Gruyère a accusé une baisse de 13%, tandis que plusieurs vignobles ont vu leurs récoltes réduites de moitié. Cette année a coûté quatre cents millions de francs à l’agriculture suisse, d’après les estimations officielles. Les records de température d’octobre ne font qu’aggraver une cascade de crises interconnectées.
Le portrait climatique s’assombrit: sur l’ensemble de l’année 2026, la Suisse ne dépasse que 593,6 millimètres de précipitations cumulées, contre 899,1 millimètres en 2025. Un déficit de 34% qui laisse entrevoir une année où chaque goutte d’eau aura été comptée, où chaque degré aura pesé sur les épaules d’une population et d’une économie déjà sous pression.
Pendant que les autorités fédérales ajustent tant bien que mal leurs politiques environnementales, il devient clair que 2026 restera gravée dans les mémoires: l’année où la Suisse a connu son été le plus chaud et son automne tardif le plus inattendu, le tout dans un contexte d’aridité extrême. Les avertissements des climatologues, longtemps ignorés ou minimisés, trouvent ici une traduction brutale et tangible.
