Contexte et déroulé du procès
Le Procureur général d’Espagne a été jugé sur six jours, début novembre, dans une affaire où il est accusé d’avoir divulgué à des journalistes un courriel interne et confidentiel lié à un entrepreneur impliqué dans une affaire de fraude fiscale présumée.
Le magistrat a toujours nié être l’auteur de cette fuite et a été condamné à 12 mois de jour-amende à 20 euros, soit un montant légèrement supérieur à 7 000 euros, ainsi qu’à verser 10 000 euros d’indemnisation à Alberto González Amador. Cet entrepreneur est conjoint de la compagne d’une figure de l’opposition de droite, Isabel Díaz Ayuso, présidente de la région de Madrid.
Réactions et contexte politique
La décision constitue un revers pour le Premier ministre Pedro Sánchez, qui a soutenu Álvaro García Ortiz et affirmé croire en son innocence. Plusieurs proches du chef du gouvernement, dont des membres de sa famille et d’anciens responsables du Parti socialiste, font l’objet d’enquêtes liées à l’affaire.
Le leader du Parti populaire (PP), Alberto Núñez Feijóo, a jugé que ce verdict révèle une anomalie démocratique et a demandé au président du gouvernement de présenter ses excuses. Miguel Tellado, secrétaire général du PP, a invité Sánchez à suivre l’exemple du Procureur général et à démissionner. De son côté, le chef de Vox, Santiago Abascal, a déclaré que Sánchez serait le premier chef de gouvernement espagnol à être envoyé en prison.
Perspectives et suites
L’affaire remonte à début 2024, lorsque la justice examinait les pratiques fiscales d’Alberto González Amador, soupçonné d’avoir trompé l’administration pendant la pandémie. En mars 2024, plusieurs médias ont publié le contenu d’un courriel adressé au parquet par l’avocat de l’entrepreneur, proposant un accord de plaidoyer par lequel son client reconnaîtrait deux délits de fraude fiscale afin d’atténuer sa peine. Cette révélation a suscité des doutes sur l’innocence présumée de l’homme d’affaires, et Alberto González Amador doit encore être jugé pour fraude fiscale dans le cadre de l’affaire.
Au cours du procès, des journalistes ont affirmé qu’Álvaro García Ortiz n’était pas la source de cette fuite révélatrice.
Les enquêteurs de la Garde civile avaient soutenu leurs accusations, indiquant que seul le Procureur général pouvait être l’origine de la fuite. Alberto González Amador doit par ailleurs être jugé prochainement pour fraude fiscale dans le dossier central.
