Un signal d’alarme vient de retentir dans le système éducatif suisse. Selon l’enquête PISA 2025, les compétences des jeunes suisses en lecture et en mathématiques ont perdu l’équivalent d’une année entière de scolarité en dix ans. C’est un déclin en termes absolus qui ébranle un secteur autrefois réputé pour son excellence.

Avant de paniquer, il convient de nuancer : la Suisse demeure très bien positionnée en comparaison européenne, tout en affichant un important écart entre élèves favorisés et défavorisés. Le contraste saisissant entre ces deux réalités cristallise les véritables enjeux de l’éducation helvétique. Oui, les meilleures écoles restent d’excellence. Mais les inégalités s’aggravent, creusant un fossé qui blessera la cohésion sociale si rien n’intervient.

Une compétitivité entamée

La perte d’une année de scolarité ne doit pas être lue comme une statistique abstraite. Elle se traduit concrètement : des jeunes moins aptes à manier le français, l’anglais, les mathématiques ; des déficits qui s’accumulent et entravent l’accès à la formation professionnelle duale, fierté suisse, ou aux études supérieures. Pendant que la Suisse se targue de rester compétitive mondialement, ses fondations éducatives s’érodent.

La Suisse reçoit aussi une mauvaise note dans le domaine du harcèlement. Or, un enfant harcelé est un enfant qui se décroche. C’est un problème de climat scolaire que les chiffres seuls ne captent pas mais que les parents romands connaissent par expérience.

Les vraies questions qui émergent

Pourquoi cette régression ? Le rapport PISA ne l’énonce pas, mais les observateurs pointent des causes récurrentes : surcharge curriculaire, pression accrue, impact persistant des perturbations sanitaires, manque d’investissements dans les régions moins privilégiées, inégalités socioéconomiques croissantes qui reproduisent les avantages des enfants déjà avantagés.

Ce qui surprend surtout, c’est que la Suisse, nation prospère et stable, tarde à opérer les ajustements nécessaires. Les politiques d’éducation restent fragmentées entre cantons, rendant les coordinations difficiles. Pendant ce temps, d’autres pays européens, conscients du défi, investissent massivement pour redresser la barre.

La Suisse romande, où les budgets éducatifs sont souvent serrés et la pénurie d’enseignants chronique, sera particulièrement affectée par ce déclin. Un jeune Valaisan ou jurassien aura-t-il autant de chances qu’un jeune Zurichois ou Bâlois ? La question n’est plus théorique.

Les parents, les enseignants, les cantons doivent se mobiliser. Non pour ignorer les bons résultats d’hier, mais pour refuser que la Suisse glisse vers la médiocrité éducative. Les prochains mois diront si cette alerte PISA sera entendue ou simplement archivée.

By