Depuis ce mercredi 1er juillet, l’Union européenne applique des mesures de protection strictes sur l’acier qui impactent directement les exportateurs suisses. Une nouvelle donne douanière qui fragilise un secteur clé de l’économie helvétique.

Une réduction drastique des quotas

L’Union européenne réduit de 33% les volumes d’acier importés en franchise de droits depuis la Suisse dès juillet 2026. Concrètement, seule environ 65% des exportations suisses d’acier vers l’Union européenne pourront encore bénéficier d’une exemption de taxes. Le reste sera soumis à un régime douanier renforcé.

Cette contraction des quotas s’inscrit dans un contexte plus large. L’UE mettra en œuvre, à compter du 1er juillet, des mesures de protection plus strictes concernant l’acier. Dans ce cadre, elle réduit les volumes d’importation en franchise de droits de 47%, pour les ramener à 18,3 millions de tonnes par an. Une baisse qui vise à protéger la sidérurgie européenne face aux importations massives en provenance notamment de Chine.

Droits de douane doublés

Les aciers suisses exportés au-delà des nouveaux contingents feront face à une augmentation tarifaire considérable. Les droits de douane sur l’acier passent de 25% à 50% pour protéger la production européenne face à la concurrence internationale. Le coût potentiel pour les exportateurs hors quota double donc d’un coup.

Cette hausse touche un secteur stratégique pour la Suisse. De nombreuses entreprises helvétiques participent à des chaînes de production communes avec des partenaires européens. Une limitation des exportations d’acier risque donc, selon Berne, de ralentir certains projets industriels et de compliquer l’approvisionnement de secteurs sensibles.

La Suisse sans exemption

Le coup fait mal : la Suisse n’obtient pas d’exemption contrairement aux pays de l’EEE comme la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein. La Suisse a tenté d’obtenir une dérogation, sans succès. La Suisse sera donc traitée comme d’autres pays tiers, au même titre que la Turquie, l’Égypte ou l’Indonésie.

Cette décision a provoqué une vive réaction à Berne. Guy Parmelin n’a pas caché son mécontentement face à la nouvelle politique européenne sur l’acier. Le conseiller fédéral UDC a qualifié les mesures décidées par Bruxelles d’« inacceptables », estimant qu’elles risquent de fragiliser des chaînes d’approvisionnement déjà fortement intégrées entre la Suisse et l’Union européenne.

L’enjeu climatique et compétitif

Bruxelles justifie son action par une urgence : sauver une sidérurgie européenne affaiblie. Ce dispositif, annoncé par Bruxelles en octobre, vise à sauver les industriels européens, profondément déstabilisés depuis des années par les surcapacités de production de leurs concurrents chinois massivement subventionnés. Selon l’organisation professionnelle Eurofer, la production européenne d’acier est tombée l’an dernier à 125,8 millions de tonnes, un plus bas historique, très loin derrière la Chine (960 millions).

Pour la Suisse, le défi est désormais de négocier des contingents acceptables. Le Secrétariat d’État à l’économie a indiqué à la RTS que la Suisse continuerait à s’engager afin que les mesures européennes sur l’acier n’entravent pas, ou le moins possible, les échanges avec l’UE. Les semaines à venir s’annoncent déterminantes pour les exportateurs helvétiques d’acier.

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