Le marché du travail romand affiche des signes troublants pour ses jeunes diplômés. Un an après leur master en économie, 17,3% des diplômés genevois sont sans emploi, contre 13,7% à Lausanne et seulement 2,7% à Saint-Gall. Genève se retrouve ainsi lanterne rouge en Suisse, bien loin devant ses voisines romandes et très éloignée des résultats de Saint-Gall en Suisse orientale.

Une formation qui oublie le marché

Pour l’économiste de l’éducation Stefan Wolter, les universités comme les étudiants doivent revoir leur approche. Après 25 années marquées principalement par une conjoncture favorable, une certaine « inertie » se serait installée. Selon lui, les étudiants devraient réfléchir à leurs débouchés professionnels dès le début de leurs études et non une fois leur master en poche.

Ce diagnostic pose une question majeure : au moment où les universités gonflent leurs effectifs, comment adapter la formation à la réalité économique ? Le décalage entre ce qu’on enseigne et ce que le marché demande s’aggrave, particulièrement à Genève où la concurrence pour les postes d’entry-level s’intensifie.

Des obstacles structurels

Les entreprises évoluent dans un climat économique incertain et cherchent à réduire leurs coûts. Les jeunes diplômés en font les frais. Avec un chômage à 17,3% parmi les nouveaux masters genevois, la région ne peut se permettre de négliger cette fracture employabilité.

Lausanne, avec 13,7%, n’est guère mieux lotie. Seule Saint-Gall sort du lot. Ce clivage géographique soulève une question pénible : les universités romandes peinent-elles à adapter leur cursus aux besoins régionaux ? Ou les économies locales genevoises et lausannoises manquent-elles simplement de places pour absorber ces contingents de nouveaux diplômés ?

Les enjeux ne se limitent pas à quelques chiffres de taux de chômage. C’est un signal d’alarme pour les institutions de formation, les entreprises et les décideurs publics romands. Il faut agir avant que cette génération ne se décourage.

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