Le sommet du G7 qui s’est déroulé à Évian, en France, en juin dernier aura finalement coûté très cher à la Suisse. Les négociations entre la Suisse et la France sur la répartition des frais de sécurité ont échoué, le ministère des Affaires étrangères confirmant que la Suisse et la France n’ont pas pu s’entendre sur la part de la France.
Genève et ses environs ont dû mobiliser d’importants moyens pour sécuriser cet événement international. Des officiers de police venus de nombreux cantons suisses ont été postés à Genève, tandis que 4 000 soldats de l’armée suisse ont été déployés et la frontière a été strictement gardée. Une démonstration de force logistique qui aura pesé lourd sur les finances publiques.
Un dîner gratuit, une facture coûteuse
Le paradoxe est frappant : la Suisse obtiendra une place au dîner de gala du sommet, mais ne pourra probablement pas se faire rembourser sa part des dépenses de sécurité malgré des semaines de négociations. Berne aura donc financé à titre gracieux une part significative des coûts de sécurité d’une réunion que les dirigeants français ont tenue chez eux, y compris les mesures destinées à protéger la frontière franco-suisse.
Cette situation illustre une asymétrie diplomatique doublée d’une facture électoralement difficile à justifier auprès des contribuables suisses. Alors que les cantons et villes qui ont absorbé ces frais additionnels continuent à budgétiser les impacts, Berne se voit renvoyée à ses responsabilités sans retour sur investissement diplomatique notable.
Des négociations sans issue
Les négociations avaient été lancées dès après le sommet d’Évian, en fin juin. Les autorités suisses espéraient convaincre Paris de participer aux frais de sécurité déployés côté suisse. Plusieurs cantons, dont Genève, avaient mis en avant la charge exceptionnelle imposée par l’événement. Peine perdue : la négociation n’a débouché sur aucun accord de partage.
Reste à savoir si cette débâcle diplomatique renforcera les réticences helvétiques à accueillir à l’avenir de tels événements, ou si elle aboutira à exiger des contreparties financières explicites avant d’accepter de jouer les hôtes.
