Vous entendrez bientôt parler de « goumin » dans les cours de récréation et sur TikTok. Trois mots jeunes de l’année ont été choisis en Suisse romande pour 2026 : goumin, pain et battle d’aura. Cette première élection nationale, organisée par la Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW), marque une étape : la sélection a réuni des jeunes de 13 à 20 ans dans les quatre langues nationales, une première en Suisse.

Goumin : quand le cœur se brise

« Goumin », qui désigne un chagrin d’amour, a été élu « mot jeune de l’année 2026 » en Suisse romande. Le terme peut sembler étrange aux oreilles des adultes, mais il s’inscrit dans une dynamique linguistique très claire. Ce mot, issu du nouchi, un parler populaire ivoirien, a été élu « mot jeune de l’année 2026 » en Suisse romande, a annoncé mardi la Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW).

Il s’emploie notamment dans les expressions « avoir le goumin » ou « être en goumin ». Diffusé par les communautés d’Afrique de l’Ouest établies en France, il s’est largement répandu sur les réseaux sociaux. C’est l’une des caractéristiques de la génération Z : emprunter des mots d’origines diverses pour exprimer leurs émotions.

Pain et battle d’aura : le trio gagnant

Goumin n’est pas seul au podium romand. « Goumin » devance « pain », arrivé à la deuxième place. Oubliez la boulangerie: chez les jeunes, le mot désigne une personne particulièrement attirante. Exemple: « Cette personne est trop pain », comprenez: « Elle est trop sexy ».

Le trio se complète avec un phénomène venu de TikTok. La « battle d’aura » complète le podium romand. Popularisée sur TikTok, cette compétition de charisme et de style consiste à enchaîner poses et gestes pour impressionner le public.

Des mots qui reflètent une génération

Ces mots reflètent les expériences universelles des adolescents et leur usage des réseaux sociaux comme TikTok. L’évolution est constante. Les jeunes d’aujourd’hui ne disent plus « crush » pour parler d’une attirance, ils parlent de « pain ». Le vocabulaire des adolescents se transforme, se mondialisé, se nourrit d’influences venues de cultures lointaines.

Ces quatre expressions (goumin étant l’expression phare en Suisse romande) renvoient ainsi à différentes dimensions des interactions humaines : la vulnérabilité sentimentale, la distance ironique, le prestige social et la dérision. Leur dénominateur commun n’est pas linguistique, mais relationnel. Elles permettent aux jeunes de situer leur propre comportement ou celui des autres dans un univers de références partagées.

Pour les chercheurs de la ZHAW, cette initiative révèle comment chaque génération réinvente la langue pour raconter son époque. Et cette année en Suisse romande, c’est à travers le goumin que bat le cœur des jeunes.

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