Le gouvernement suisse a mis à disposition plus de 70 millions de francs pour aider les forêts à s’adapter au changement climatique et soutenir les exploitations agricoles, a annoncé le ministre de l’Environnement Albert Rösti mercredi dernier. Cette intervention d’urgence intervient dans un contexte sans précédent : jamais le pays n’avait enregistré si peu de précipitations en milieu août.
Les chiffres de la sécheresse qui frappe la Suisse sont alarmants. La durée du manque d’eau met la pression sur les personnes vulnérables, le bétail, les cours d’eau, les écosystèmes, les forêts, l’agriculture, la production d’électricité et le transport fluvial. La production de cultures comme les pommes de terre et les betteraves sucrières a baissé de 20 à 25 %. La production de lait chute aussi.
Une aide en deux volets
Le gouvernement propose de réintégrer les 17,5 millions de francs en subventions forestières qui avaient été supprimées, en plus d’une augmentation ponctuelle de 54 millions de francs en crédits sans intérêt cette année pour les paysans affectés par la sécheresse. Sur le terrain, agriculteurs et forestiers font face à une succession de défis : travaux supplémentaires aux champs, coûts d’alimentation plus élevés et rendements abaissés.
Les critiques de la gauche
Cependant, cette réponse ne satisfait pas tout le monde. Les partis de gauche estiment que la réaction gouvernementale est « complètement inadéquate ». Selon eux, face à l’ampleur de la crise climatique et à ses répercussions sur les secteurs productifs, les mesures restent insuffisantes. Le débat porte désormais sur la question de savoir si cette aide d’urgence constitue une réponse durable ou si une stratégie plus ambitieuse s’impose.
L’ombre de la tendance climatique
Cette sécheresse exceptionnelle s’inscrit dans une tendance climatique troublante pour la Suisse. La municipalité de Randa, près de Zermatt, a alerté ses résidents quant au risque d’effondrement du glacier du Weisshorn. La zone est désormais fermée au public. Ces signes d’alerte soulignent combien le changement climatique redessine en temps réel la géographie et l’économie du pays.
Les débats sur la riposte gouvernementale à la sécheresse révèlent une fracture classique : les conservateurs privilégient l’aide ciblée et rapide aux secteurs en difficulté, tandis que la gauche appelle à une transformation plus profonde de la politique climatique et agricole. Entre ces deux positions, les paysans romands, eux, ne peuvent qu’attendre, espérant que l’automne apportera enfin les pluies attendues.
