Samedi 20 septembre, des milliers de Genevois et Lausannois ont descendu dans les rues pour protester contre l’absence d’action face aux changements climatiques. Une mobilisation qui intervient au lendemain d’un constat sans appel : l’été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en Suisse, surpassant même l’événement record de 2003.
Ce sursaut citoyen en Suisse romande traduit une frustration croissante face à la situation. Le SECO a certes relevé nettement ses prévisions de croissance pour 2026 à 1,7%, signalant une certaine résilience économique. Cependant, les chiffres macro-économiques sonnent creux pour une génération confrontée à des extrêmes climatiques qui bouleversent son quotidien.
Malgré la présence sur les pancartes de revendications environnementales, les slogans samedi renvoyaient aussi à une préoccupation plus large : celle d’une Suisse romande capable d’action face aux menaces existentielles. En effet, le climat d’embauche se dégrade dans la région, avec le recul le plus marqué en Romandie (moins 32%), où l’horlogerie et les services haut de gamme demeurent au cœur de l’économie.
Le tableau économique régional s’assombrit. Là où la Suisse romande avait vu son PIB augmenter de 49,5% en termes réels entre 2005 et 2024, plus que la moyenne suisse, et où l’emploi avait progressé de 37,4%, les perspectives se ternissent. Au quatrième trimestre 2025, les perspectives nettes d’emploi ont baissé de 7 points de pourcentage pour s’établir à 26%.
Les manifestants romands, nombreux samedi, ne protestaient pas seulement contre un été torride. Ils exprimaient une exigence : que les pouvoirs publics et les acteurs économiques cessent de repousser les transformations structurelles nécessaires. Face à un climat qui bascule et une économie qui ralentit, l’urgence climatique n’est plus un sujet d’avenir, mais une question d’aujourd’hui.
