À trois semaines du scrutin du 29 novembre, le premier sondage SSR révèle une bataille incertaine : aucune majorité ne se dégage pour le financement de la 13e rente AVS et la modification de la loi sur le matériel de guerre. Les Suisses hésitent, les positions se cristallisent, et le suspense reste entier sur deux dossiers de fond qui divisent le pays.

Le grand écart sur la 13e rente AVS

La population suisse vote le 29 novembre sur la solution du Parlement pour financer la 13e rente AVS, qui prévoit un relèvement de la TVA de 0,4 point de pourcentage. Ce point de TVA supplémentaire, apparemment anodin, cristallise en réalité les tensions entre ceux qui défendent la solidarité intergénérationnelle et ceux qui s’inquiètent d’une hausse déguisée du renchérissement. Le verdict des urnes reste imprévisible.

Quelle que soit l’issue du vote, tous les rentiers et rentières AVS recevront une 13e rente pour la première fois à la fin de l’année. Une promesse gouvernementale tenue, indépendamment du verdict populaire. Ce détail jette une lumière intéressante sur les priorités du politique : la mesure sociale avance, quand bien même les Suisses se demandent comment la payer.

L’armement, sujet clivant

Le second dossier soumis aux urnes cristallise un débat plus fondamental. Les Suisses voteront le 29 novembre sur un assouplissement controversé de la loi sur le matériel de guerre. Le changement proposé ouvre la porte à une flexibilité accrue, notamment pour les exportations d’armes vers une vingtaine de pays, dont les États-Unis. Là encore, les sondages ne laissent entrevoir aucune clarté.

Ce dossier résonne particulièrement en Suisse romande, où les sensibilités pacifistes restent fortes. Les craintes face aux implications internationales et éthiques des exportations d’armement divisent les progressistes, tandis que certains industriels défendent l’ouverture économique.

Deux initiatives, un équilibre fragile

Le scrutin du 29 novembre ne se limite pas à ces deux objets gouvernementaux. Le oui à l’initiative sur l’imposition des couples mariés est crédité d’une courte majorité, contrairement aux deux dossiers fédéraux. L’initiative sur les feux d’artifice serait largement acceptée. Ici, une tendance émerge : le peuple se prononce plus facilement sur des questions sociétales ciblées que sur les grands arbitrages économiques ou sécuritaires.

L’incertitude, marque du scrutin

Ce qui frappe le plus, c’est l’absence de clarté à trois semaines du vote. Les Suisses n’ont pas tranché. Les débats de campagne s’accélèrent, les comités officiels mobilisent leurs ressources, mais les sondages restent ouverts. En Suisse romande particulièrement, où la fiscalité, l’imposition des couples et l’éthique des exportations d’armes touchent des cordes sensibles, le taux de participation et la mobilisation des électeurs pourraient faire toute la différence.

Le 29 novembre sera un test de la volonté populaire, mais aussi de la confiance que les citoyens accordent aux institutions face aux défis posés.

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