La Suisse perd sa première place au classement mondial de la compétitivité, une nouvelle qui choque une nation habituée à dominer les indices économiques internationaux. Le pays avait jusqu’ici excellé en matière de qualité réglementaire, d’état de droit et de lutte contre la corruption, avec une main-d’œuvre bien formée.

Cette déchéance reflète une accumulation de défis. Les tensions géoéconomiques croissantes ainsi que le climat d’incertitude dans les relations économiques et commerciales ont constitué des défis pour la Suisse ces derniers mois. La réorientation fondamentale de la politique économique et commerciale américaine, avec son virage protectionniste et son désengagement de certaines institutions multilatérales, a engendré une perte de confiance conséquente et une érosion de la sécurité juridique de l’économie mondiale.

Une économie vulnérable aux chocs externes

Pour une économie aussi exposée que la Suisse, ces chocs externes pèsent lourd. La Suisse est une économie ouverte de taille moyenne au marché intérieur exigu, qui dispose de peu de ressources naturelles et repose principalement sur des secteurs industriels et des services hautement spécialisés et à forte valeur ajoutée. Les entreprises suisses restent tributaires d’une intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

Une croissance ralentie mais encore positive

Sur le plan interne, le contexte économique reste mitigé. Après un ralentissement à 0,8% en 2023 en raison de l’appréciation réelle du franc suisse et d’une demande extérieure faible, la croissance économique suisse a progressé à 1,4% en 2024 grâce à une reprise graduelle de la demande extérieure et à une inflation plus basse, s’appuyant sur de solides bases structurelles dans la consommation privée et un marché du travail résilient. Cependant, les risques baissiers l’emportent actuellement sur le potentiel haussier, l’incertitude liée à la politique commerciale des États-Unis restant élevée.

Une diplomatie économique en action

Les autorités suisses ne restent pas inactives. Au cours de l’année précédente, le Conseil fédéral a signé des accords de libre-échange avec le Mercosur, la Malaisie, la Thaïlande, le Kosovo et l’Ukraine, ainsi que l’accord de protection des investissements actualisé avec le Chili. Une stratégie de diversification économique indispensable dans un contexte de fragilité croissante des relations commerciales mondiales.

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