La Suisse et le Royaume-Uni ont franchi, lundi 13 juillet, une étape majeure en finalisant les négociations d’un accord de libre-échange entièrement réécrit. Le président de la Confédération Guy Parmelin et le ministre britannique de l’Économie et du Commerce Peter Kyle ont annoncé l’aboutissement des négociations relatives à un accord de libre-échange actualisé entre la Suisse et le Royaume-Uni. Cette conclusion intervient après trois ans de discussions lancées en 2023 pour adapter les relations commerciales bilatérales au contexte du Brexit.

Le nouvel accord “nettement au-delà de la confirmation du statu quo”, consolide le commerce des marchandises et élargit le cadre juridique pour les services, les investissements ou encore le commerce numérique. Un saut qualitatif par rapport à l’accord précédent, signé en 2019 juste avant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, lequel visait essentiellement à préserver le statu quo commercial.

Les services au cœur de l’accord

Le secteur financier suisse sort particulièrement gagnant de cette négociation. Les entreprises des secteurs des services financiers et des sciences naturelles devraient en bénéficier, avec une réduction des obstacles administratifs et une amélioration de l’accès au marché. Ce volet revêt une importance capitale pour une économie comme la Suisse, où le secteur bancaire et la gestion d’actifs jouent un rôle central.

En termes concrets, selon les estimations britanniques, l’accord devrait permettre au commerce des services de progresser de 7,9 milliards de francs par an, soit une augmentation d’environ un quart. Une perspective particulièrement attractive alors que le volume des échanges bilatéraux entre la Suisse et le Royaume-Uni s’élevait l’année dernière à environ 57,8 milliards de francs.

Le secteur pharmaceutique et les innovateurs suisses devraient aussi gagner du terrain. L’accord renforce les relations économiques bilatérales, envoie un signal fort en faveur de la Suisse en tant que pôle de recherche et d’innovation et répond à une préoccupation de longue date du secteur par rapport à la protection de la propriété intellectuelle. Un engagement que Berne jugeait crucial face à la concurrence mondiale.

Un signal géopolitique au moment où l’incertitude domine

Au-delà des seuls chiffres commerciaux, cet accord endosse une dimension géopolitique particulière. Selon Berne, l’aboutissement de ces négociations constitue “un signal géopolitique” dans un contexte de “fragmentation croissante et d’incertitude commerciale”. Pour deux économies majeures situées en dehors de l’Union européenne, la signature de ce pacte affirme clairement la volonté de maintenir ouvertes les portes du commerce et de consolider une coopération économique étroite.

Les textes juridiques doivent encore être finalisés, et les deux gouvernements visent une signature officielle avant la fin 2026. La signature officielle interviendra avant la fin 2026, suivie des procédures d’approbation dans les deux pays. Les assemblées fédérale suisse et parlementaire britannique devront ensuite valider l’accord, étape formelle mais nécessaire pour son entrée en vigueur.

Avec la Suisse qui est ainsi le dixième partenaire commercial du Royaume-Uni, ce nouvel accord repositionne les deux nations comme des acteurs économiques majeurs capables de nouer des partenariats modernes en dehors du cadre européen traditionnel.

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